Réflexions

Et si l’on arrêtait de parler du “monde d’après” ? (Bénédicte M.)

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Lorsque cet article est tombé dans ma boîte mail son titre a immédiatement attiré mon œil. « C’est quand même incroyable de vouloir se boucher les oreilles à ce point ! » me suis-je dis. Mais dès les premières lignes, j’ai saisi que l’angle choisi était très pertinent, celui de ne pas opposer deux mondes, celui de ne pas rejeter ce que nous sommes, de choisir de se responsabiliser et avant tout d’agir.

Cet article écrit par Bénédicte M. est paru dans Medium le 22 avril, je vous invite à le lire sur le site Medium. Je vous livre quelques extraits.

Agissons au présent et disons au revoir au monde d’avant, dignement.

Passée cette semaine 5 de confinement, j’ai arrêté de compter les jours. J’ai décidé que cette situation était la normalité, et non plus l’anormalité. Je l’ai acceptée pleinement, embrassée. Sans me soucier de ce qui se passerait après. En accueillant pleinement ce que la vie a à m’offrir dans ce moment présent.

Nous sommes déjà après, chacune de nos journées est emplie d’une nouvelle manière de vivre. Ce n’est pas la cohue d’un sauve-qui-peut que nous entendons mais le pas lent et résolu de ceux qui prennent un nouveau chemin. Les premiers pas sont déjà faits, il paraît que ce sont ceux qui coûtent le plus.

Réinstaurons ces rituels essentiels au bon fonctionnement d’une société. Et si déjà on commençait par lui dire merci à ce “monde d’avant” ? On pourrait en effet exprimer notre gratitude à toutes les avancées que l’époque de la modernité a permis : merci d’avoir pu nourrir une population qui a triplé en 70 ans, merci d’avoir appris à soigner de nombreuses maladies et réduit la mortalité, merci pour l’amélioration des conditions de vie…

Le rejet systématique, dogmatique, de l’avant, la recherche à tout prix de la responsabilité, de la culpabilité n’ont jamais permis de tirer les bonnes leçons. Excès, dérives ont côtoyé les innovations les plus extraordinaires. Dans ce maelstrom d’avancée technologiques il nous a manqué la conscience, le pas en arrière qui canalise l’enthousiasme. Nous n’avons jamais eu autant d’outils incroyablement puissants pour changer fondamentalement notre manière de vivre. Il est temps de les regarder au travers du prisme de la conscience.

Non ce n’est pas le monde d’après que l’on doit construire mais bien le monde d’aujourd’hui que l’on voit déjà changer et que l’on doit faire grandir. Alors soulignons que le changement est déjà à l’œuvre et qu’il n’y a pas besoin d’attendre “demain” ou “après” : […]

« L’évènement », le déclencheur a déjà eu lieu. Nous sommes déjà dans l’action, la créativité inhérente à l’Homme est déjà à l’œuvre. La réflexion si elle a cela de bon qu’elle peut éviter les erreurs est aussi le lit de la peur. L’action se développe sur la confiance, il est l’heure de la confiance. La peur nous enchaîne, nous rend frileux. Essayons, expérimentons, observons, tirons des leçons, ajustons et améliorons. Laissons notre cœur prendre le relai de notre mental pour nous guider; ce n’est pas être déraisonnable !

L’enjeu n’est pas de réfléchir à construire le monde d’après mais plutôt le monde que l’on souhaite, et surtout l’enjeu, c’est de mettre à l’échelle les solutions qui existent déjà aujourd’hui, en mobilisant les énergies de construction massive, à tous les niveaux. Et en luttant contre les mécanismes de résistance du monde d’avant bien sûr, qui lui fait tout pour que le monde actuel ne se révèle pas à son plein potentiel.

Ce que cette crise nous offre ce n’est pas un bouton « reset » mais « pause ». Une pause pour regarder des options que notre empressement quotidien ne nous permettait pas de voir. Une pause pour faire des choix selon nos besoins, nos valeurs. C’est en définissant ce que nous voulons plus que ce dont nous ne voulons plus que nous donnerons du sens à notre avenir, à celui de nos enfants.

Notre monde humain est un système, par définition homéostatique, chaque variation est compensée pour rester dans un état stable. Mais assez déstabilisé, un système peut retrouver un autre état d’équilibre, c’est l’évolution (pour les curieux cet article présente les changements de type 1 et 2 en systémie).

Il nous est offert l’impulsion, le déséquilibre pour créer de l’évolution, qu’allons nous choisir de faire ?

CRÉDIT PHOTO : Image par Susann Mielke de Pixabay

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